Psychiatrie et droit de ville, Adrien Happi Welako


Psychiatrie et droit de ville
Yaoundé, Cameroun

Adrien Happi Welako

Directeur(trice) : Gaston Tolila
Référent(e) : Régis Guignard

Pourquoi l’architecture est-elle aussi étrangère aux psychothérapies ?

En Afrique, la maladie psychiatrique fait peur et sa compréhension reste encore partielle. Au Cameroun, j’ai pu me rendre compte de la souffrance des personnes assujetties à la maladie mentale et du sentiment de rejet qu’elles créent au sein de la société. Parfois, ces malades sont même désolidarisés de leurs propres familles par manque de reconnaissances de la maladie, de moyens financiers et de croyance. Dans ce pays, le regard de l’autre n’est pas négligeable, cela peut parfois se traduire par un comportement inhumain de certaines parentés contraignant alors leurs enfants malades à se retrouver dans les rues par peur d’être associé à cette maladie.

Les outils :
En effet, le confinement massif de la population a démontré de nombreuses conclusions néfastes. Beaucoup trop de personnes attestent d’un état de dépression. Cela me force à mettre en parallèle la situation actuelle avec l’enfermement des patients atteints de maladies mentales. Est-il possible de soigner par l’enfermement ?

Ce traitement est généralement réservé aux prisonniers, mais le statut de patient les condamne-t-il à la même peine tel l’enfermement et l’isolement ? Ils ont le droit fondamental à la ville et à la société. La véritable question est, comment réussir à réinsérer les malades dans la société/ville ?

Aujourd’hui, cette crise sanitaire que nous traversons pousse le monde à se questionner une nouvelle fois sur nos habitats et l’environnement. Elle a le mérite de nous faire prendre conscience du rapport qui existe entre l’esprit, le corps et l’espace.

De plus au Cameroun, l’insalubrité de l’habitat est responsable de nombreux décès chaque jour. Ces décès sont pourtant évitables, car dus au manque d’hygiène et salubrité. Nous avons conscience de l’existence d’un lien indissociable entre l’environnement et la santé. cela nous amène à penser la question, dans quelle mesure l’environnement influe-t-il sur la santé humaine ?

L’insalubrité de l’environnement a de lourdes conséquences pour la santé humaine. La pollution de l’air, de l’eau et des sols, de même que l’exposition aux substances chimiques présente dans l’environnement, peuvent être à l’origine des cancers, d’affections respiratoires et cardiovasculaires ou de maladies communicables à l’Homme, ainsi que d’empoisonnements et de désordres neuropsychiatriques.

L’extension des quartiers à habitat précaire dans la ville de Yaoundé trouve globalement ses origines dans l’incapacité de l’État à fournir des logements bon marché aux populations pauvres des villes, en provenance pour la grande majorité des zones rurales du pays.

Le projet :
Aujourd’hui, je me demande en quoi je pourrais contribuer au bien-être des Camerounais et offrir tant pour les habitats un habitat et un environnement sain, de qualité et pour les malades, leur proposer de compléter leurs soins à travers un parcours de réinsertion progressive à la société afin que le traitement ne soit pas qu’éphémère. Pour répondre à ses problématiques que pose la ville de Yaoundé, je pense qu’il est important et primordial de composer avec les traditions locales sachant qu’au Cameroun rien ne se fait sans coutumes et sans l’accord des ancêtres. De plus, il faudra comprendre le territoire et son évolution urbaine au fil des années.
Au travers de ce projet, je souhaite aider les patients dans leurs guérisons, mais plus important encore, je souhaite soigner, sauver la ville qui est au bord de la noyade. L’approche de la santé et de l’urbanisme que je souhaite aborder voit la ville au-delà des constructions, des rues et des espaces public, ,mais comme un organisme qui vit, qui respire et son état de santé est directement connecté à celui de ses habitants.

La ville :
Je compte m’établir sur toute la ville de Yaoundé, capitale politique du Cameroun par un travail d’entrelacement des échelles à l’aide du parcours de réinsertion progressive partant de l’hospitalisation en institution de l’hôpital Jamot jusqu’à la consultation ambulatoire dans la cité.