La Ville décousue, Camille Lissmann


La Ville décousue
Bobigny, Ile-de-France, France

Camille Lissmann

Directeur(trice) : Gaston Tolila
Référent(e) : Marc Le Cœur

De nouvelles pratiques pour occuper les friches urbaines

Les friches urbaines ouvrent une nouvelle voie des possibles. Dans certains cas, elles ont permis de montrer qu’il était possible d’y créer un bout de ville par une expérimentation urbaine. Les gens qui ne sont d’ordinaire pas impliqués dans la fabrication de la ville, comme les habitants, s’engagent désormais et proposent de nouveaux modes de fabrication de l’urbain qui anticipent sans figer des programmes. Les acteurs s’emparent des lieux et produisent des lieux libres.

Ces méthodes permettent la mise en place d’une auto-organisation et d’une auto-gestion des lieux par les usagers. Il est aujourd’hui primordial de retrouver et de conserver ces façons de faire qui accordent une place importante aux habitants, les acteurs de la ville. Les habitants sont une source majeure du projet. En effet, l’objectif est de faire projet pour eux mais aussi avec eux.

Lorsque ces délaissés urbains sont dépourvus de bâti, ils représentent pour la plupart un potentiel foncier à saisir. Mais la densification n’est parfois pas la solution adéquate, et le potentiel de ces friches va au-delà d’un simple potentiel immobilier. Par ailleurs, des aménagements succincts, non bâtis, donnent l’opportunité de redonner un sens à ces lieux vacants tout en prenant en considération les besoins de la ville, ceux de retisser des liens avec un contexte existant, parfois décousu, fragmenté ou en rupture avec son environnement proche.

Les friches urbaines sont aujourd’hui porteuses d’alternatives, en explorant de nouveaux usages en écho aux problématiques écologiques, économiques et sociales. Ces lieux sont ouverts et non finis, ils sont donc loin d’une définition unique d’usage. Les lieux et leurs acteurs mettent en avant la notion de convivialité, nous renvoyant au rôle social de l’architecture et de l’architecte, en proposant l’appropriation et le partage de l’espace. Les lieux infinis cultivent et croient au mélange des genres, des activités et des publics. Ils construisent en ouvrant sur l’imprévu et créent des possibles à venir.