Beyrouth ne mourra jamais, Léopoldine Hacher de Bellaing


Beyrouth ne mourra jamais
Beyrouth, Liban

Léopoldine Hacher de Bellaing

Directeur(trice) : Roberto D’Arienzo
Référent(e) : Bertrand Renaud

La désertification du centre-ville de Beyrouth : retrouver la mémoire pour guérir des traumatismes

Un centre-ville qui s’efface. Se barricade. Se militarise. Se vend aux plus riches. Un centre-ville reconstruit après la guerre, sans laisser place à la mémoire. Oubliant les usages du passé. Ces usages qui aujourd’hui évoquent une nostalgie du "Liban de papa" que finalement personne n’a connu. Un fantasme sans figure, un regret sans objet.
Un Beyrouth imaginé et rêvé par tous. Un centre-ville maquillé, fait de plastique et d’idéaux étrangers, un centre déserté.
Un cœur usurpé. A l’image de son peuple trahi par ses dirigeants.

Le 4 août 2020, un quart de la ville de Beyrouth a été détruit par la double explosion du port, 200 innocents tués, 6000 blessés et 300 000 personnes retrouvées sans toit. Le mouvement de contestation populaire, né le 17 octobre 2019, se mobilise activement pour le secours aux victimes et la reconstruction de la ville. Des collectifs d’architectes, urbanistes et ingénieurs se créent. Des mouvements politiques luttent pour obtenir justice. Cette jeunesse éduquée par une génération traumatisée par la guerre civile et victime d’amnésie collective, aura eu droit à son trauma, qui s’inscrit dans un contexte de crise économique et politique gigantesque.

Mon sujet de diplôme porte sur la désertification du centre-ville de Beyrouth qui au cours de l’année passée a vu ses espaces publics - si ce n’est son unique -réappropriés par le mouvement de contestation, désireux de changement politique, de démocratie et de vivre-ensemble.

Les notions qui m’intéressent sont celles de la mémoire, des traces du passé manifestées dans la ville, du patrimoine physique et symbolique. Je souhaiterais travailler sur une architecture, probablement une réhabilitation du Beirut City Center de Joseph Philippe Karam, engagée dans la thérapie des traumatismes, dans la culture, l’éducation et l’enseignement politique, une architecture au service de la citoyenneté.

La programmation plurielle permettrait de faire cohabiter des espaces dédiés aux échanges entre les citoyens autour des multiples questions politiques et nationales actuelles dans un but de concrétisation et de solutionnement des réflexions portées par la société civile, aujourd’hui très active et engagée dans l’avenir du pays, avec des espaces dédiés à la culture et l’histoire récente mais oubliée du Liban, un musée pour faire exister une mémoire du passé.